LES PORTRAITS

Gabriel Vachette

Gabriel Vachette

Cofondateur de SERICA


Après des années dans les médias et la culture horlogère, notamment avec Les Rhabilleurs, il fait vivre une horlogerie française indépendante.

« La beauté parfaite m’intéresse moins que la beauté vivante. »

Bonjour Gabriel, pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Gabriel, je suis cofondateur de SERICA, une marque horlogère française indépendante. Avant cela, j’ai longtemps évolué dans l’univers des médias, de l’image et de la culture horlogère, notamment avec Les Rhabilleurs.

Qu’est-ce qui, dans le tumulte du quotidien, parvient encore à suspendre ton souffle ou à arrêter ta montre ?

Ce sont souvent des choses assez simples. Une lumière particulière dans une rue, une musique dans un café que je ne connais pas encore, un objet que je découvre par le biais d’une autre personne, une voiture qui passe, mais pas n’importe laquelle, une architecture, un détail que personne ne semble regarder. Je crois que ce qui me touche le plus, ce sont les moments où le temps semble ralentir sans prévenir, qui apportent une sérénité inattendue. Quand quelque chose de très ordinaire devient soudain très juste. Ou que l’extra-ordinaire frappe à ma porte.

Quel est ton rapport au “Beau” dans ton quotidien ?

Je ne vois pas vraiment le Beau comme quelque chose de spectaculaire ou d’intouchable. Mais de nécessaire. Pour moi, il se trouve souvent dans la justesse. Une proportion équilibrée, une matière bien choisie, un objet bien pensé, un geste précis, une imperfection qui raconte quelque chose. Dans mon quotidien, j’y suis très attentif. Il m’obsède peut-être même je l’avoue. Est-ce un défaut ? A vous de me le dire.

Si tu devais voler une seule image, une seule odeur ou un seul son au monde pour le garder rien que pour toi, ce serait quoi ?

Je crois que ce serait une image : celle d’un réveil, au petit matin, en pleine nature, avec une lumière basse, presque dorée, et cette impression que tout peut commencer.

Un moment simple et puissant à la fois. Le silence, le mouvement à venir, la promesse d’un futur proche agréable, d’une découverte, d’une rencontre. C’est une image qui me parle beaucoup, parce qu’elle contient à la fois le calme et l’aventure.

Est-ce qu’il t’arrive de trouver de la beauté là où les autres voient du désordre ou de l’ordinaire ?

Pas forcément… Je crois même très peu souvent. En revanche, si je pense à un atelier en activité, une rue un peu abîmée, une voiture ancienne qui n’est pas parfaite, une montre marquée par le temps : ce sont des choses qui peuvent sembler désordonnées ou ordinaires, mais qui ont une vraie présence. J’aime les objets et les lieux qui portent des traces. Ce sont ces détails qui créent de l’épaisseur, de l’humanité, parfois même de l’élégance. La beauté parfaite m’intéresse moins que la beauté vivante.


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